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Élevage porcin : Les suppléments alimentaires

Élevage porcin : Les suppléments alimentaires peuvent-ils renforcer la robustesse des porcelets contre la diarrhée causée par Salmonella Typhimurium?

Auteurs : Najib Ullah (Université de Montréal), Julie Brassard (Agriculture et Agroalimentaire Canada), Mohamed Rhouma, Alexandre Thibodeau (Université de Montréal), Dominic Poulin-Laprade, Martin Lessard et Luca Lo Verso (Centre de recherche et développement Sherbrooke, Agriculture et Agroalimentaire Canada).

 

Une équipe de recherche du CRIPA, affiliée à l’Université de Montréal ainsi qu’à Agriculture et Agroalimentaire Canada, a testé des méthodes sans antibiotique pour améliorer la santé des porcelets en ferme. À première vue, certaines méthodes rendraient les animaux plus malades au lieu de les guérir, ce qui est une information importante à transmettre aux producteurs pour qu’ils évitent ce produit en ferme.

 

En effet, trois semaines après leur naissance, les porcelets quittent leur truie pour poursuivre leur élevage. Cet évènement est très stressant et cause temporairement un risque accru de mauvais fonctionnement intestinal. Ceci peut engendrer des maladies qui souvent doivent être traitées avec des antibiotiques, car on ne laisse pas un animal malade souffrir. Malheureusement, une utilisation soutenue d’antibiotiques peut rendre les bactéries qui causent les maladies insensibles avec le temps et donc mêmes traités, les animaux restent souffrants. Face à cette préoccupation mondiale, il est crucial de trouver des solutions pour renforcer la santé des porcelets avant qu’ils ne tombent malades.

 

Des porcelets ont donc été infectés par Salmonella Typhimurium, une bactérie pouvant causer des diarrhées chez le porcelet et qui en plus peut infecter un humain si jamais la bactérie se rend jusqu’à lui. Pour effectuer cette recherche, des animaux ont donc dû être rendus malades de manière expérimentale. Cependant, les animaux étaient sous surveillance constante, élevés dans un centre de recherche très confortable avec une alimentation variée et des jouets à disposition. De plus, le tout était soumis à un protocole éthique très stricte. Les groupes expérimentaux étaient les suivants :

  • Un groupe non infecté et non traité qui agit comme contrôle et simule la réalité dans une ferme.
  • Un groupe infecté et non traité pour voir jusqu’à quel point les animaux sont, de base, malades.
  • Des groupes infectés et traités par différents suppléments alimentaires, donnés avant et pendant l’infection, notamment du colostrum bovin, des acides gras à chaîne moyenne (MCFA) et des extraits de levure, pour tenter de protéger les animaux.

 

Conclusions

Le traitement colostrum seul a rendu les animaux plus malades, mais, quand un mélange de toutes les options a été utilisé, les animaux l’étaient moins. Cependant, peu d’effet a été observé sur Salmonella, ce qui signifie que les gains de santé étaient indirects, donc un effet sur l’animal, et non un sur Salmonella tel quel. Fait intéressant, les chercheurs ont aussi regardé certains E. coli présents dans les intestins des animaux et le mélange de produit diminue leur présence. Puisque ces E. coli peuvent eux aussi rendre les animaux malades dans certaines circonstances, ce résultat inattendu est vraiment intéressant. D’autres analyses sont en cours sur les échantillons récoltés pour mieux comprendre comment le mélange de produit a fonctionné, dans le but de mieux anticiper ce qui se passera lorsqu’il sera utilisé dans différentes fermes au Québec.

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